Menu
CAL HOH

Quand l’ego se croit libre !

La psychologie de l’Ennéagramme montre que chacun d’entre nous appartient à l’un de neuf archétypes de comportement, selon le conditionnement reçu dès son plus jeune âge. S’il est inconfortable de se sentir réduit à un “type”, il l’est bien davantage de valider, après un temps d’observation de soi suffisant, à quel point nous subissons la pression de notre type et réagissons en permanence de façon mécanique et souvent inconsciente. Nous savons que nous ne sommes pas cet ego, cette “persona”, ce masque pour lequel nous nous prenons la plupart du temps. Mais il nous faut aussi l’humilité d’accepter qu’en dehors de rares moments de conscience, fruit d’un long travail sur soi ou d’un moment de grâce, nous sommes la copie conforme d’un automate programmé. Notre disque dur fonctionne suivant des circuits prévisibles, que le type de l’Ennéagramme que nous sommes devenus, mieux encore que d’autres approches, incarne avec brio !

Les étapes de la découverte

Découvrir sa typologie et ses enfermements passe par une série d’épreuves intérieures que chacun peut vivre comme un parcours initiatique. La condition en est d’être un chercheur sincère et persévérant.
  1. Je reçois une information sur l’Ennéagramme, je suis intrigué, puis révolté : comment peut-on enfermer ainsi les gens dans un type ! Mais une partie de moi est attirée et je décide d’aller voir de plus près de quoi il retourne.
  2. Je prends connaissance d’éléments plus précis, j’entre dans le jeu de piste qui consiste, à partir de quelques éléments, à découvrir dans quel type je me trouve.
  3. J’ai découvert, au bout de quelques livres ou quelques jours de stage, que j’étais en effet en résonance avec l’un ou l’autre de ces archétypes. Je me surprends à “typer” les gens que je rencontre. Je suis tombé dans un mécanisme de plus.
  4. Une fois passés les premiers enthousiasmes, je m’habitue à être le type que je suis, je n’y pense d’ailleurs même plus. Je me prends même à douter de l’intérêt de tout cela. “De toute façon, je suis comme je suis, il faut bien être quelque chose, et puis, il n’y a pas de types meilleurs ou plus mauvais, quelle importance. En plus, je n’aime pas les étiquettes”.
  5. Le stage suivant ou la rencontre suivante me ramène à mes interrogations. Depuis que j’ai laissé tomber l’étude, je sens un manque, un vide, un besoin de me relier. Comme je suis un chercheur sincère, je me rends compte que l’Ennéagramme est une voie intéressante vers la connaissance de soi, qu’il serait profitable de creuser jusqu’au bout, même si j’ignore où ce bout se situe et m’entraîne. C’est décidé, je vais voir de plus près qui je suis derrière ce “type”.
  6. Je mets au point un plan d’action pour partir à la rencontre de différentes facettes de moi. Je vais m’observer dans le détail, écrire ma vie à partir de mon type, accepter les constats et les désillusions s’il le faut, entreprendre de changer ce qui ne va pas et me fait souffrir.
  7. C’est bien pire que je ne l’imaginais. J’ai des moments de doute, de déprime, de culpabilité. Je suis obligé d’accepter que je suis le fruit de mon conditionnement, que je réagis mécaniquement, à l’intérieur de mon propre type. J’ai du mal à trouver mes qualités. Je vais devoir apprendre à me re-connaître, à accepter avec bienveillance mes limitations, pour mieux les dépasser.
  8. J’ai fait une partie du chemin qui va de l’inconscience totale à une conscience plus grande de qui je suis, de qui sont les autres. Je vois mieux comment mes points forts peuvent être une aide pour les autres. Je comprends que je suis un aspect du Tout, et les autres aussi. Je suis davantage dans l’acceptation de moi, des autres, de ce qui est. Je sais aussi que tout reste à faire. La différence est cependant énorme : je sais maintenant que je ne suis pas libre et je peux décider d’avancer vers ma libération…
Y aura-t-il une neuvième étape ? Là où, dans la spirale de la vie, tout finit, où tout commence à un autre niveau ?Dante nous a décrit sous forme métaphorique, à travers sa “Divine Comédie”, ce chemin initiatique de l’homme qui part à la recherche de sa Béatrice (son âme), en passant par les enfers, lieu de l’enfermement perpétuel où l’âme tourne en rond indéfiniment, puis le purgatoire (dans purgatoire, il y a purge) dans un état de souffrance consentie, pour compenser son karma… et le cercle devient une spirale qui s’élève vers le haut et apporte l’espoir d’une sortie possible, jusqu’au paradis où Béatrice attend, totalement libérée, au plus près du ciel.

Enfermements dans le type

Voyons quelques aspects des enfermements des neuf types. Merci d’accepter qu’ils vous soient présentés sans fioriture ; le propos n’est pas de vous séduire et je fais confiance à votre recherche d’authenticité, vous qui lisez ces pages.

L’Ennéatype 1

Il est caractérisé par son caractère têtu et sa vision étroite. Comme il n’aime pas le changement, il rêve que tout soit et reste parfait, sous son contrôle pressant et attentif. Il est enfermé dans son conventionnalisme, ses habitudes, ses certitudes, sa rigidité sur les trois plans, physique, émotionnel, intellectuel. Sa libération passera par une acceptation bienveillante de la différence, une gratitude exprimée librement, une souplesse dans les relations et vis-à-vis de lui-même. Alors, la sagesse et l’exemplarité se manifesteront et serviront de repère stable aux âmes en errance.

L’Ennéatype 2

Il est esclave de son besoin d’être aimé plus et mieux que les autres. Il est pour cela capable de beaucoup de compromis, qui vont de la manipulation affective à une abnégation préjudiciable à son épanouissement. Il est persuadé de savoir mieux que quiconque s’occuper de l’objet de ses amours avec une attention possessive qui finit par étouffer l’autre et enfermer la relation dans un état fusionnel, avant l’explosion finale devenue question de survie pour les deux. La libération passera par l’acquisition d’une autonomie affective réelle et une reconnaissance active de ses propres besoins, libérant ainsi de la contrainte permanente de satisfaire chez les autres des demandes imaginaires. Son aptitude naturelle à servir se transformera en un don de soi détaché de flatteries jusque-là indispensables.

L’Ennéatype 3

Identifié à un besoin irrépressible d’être le meilleur et de le démontrer sans cesse, il est persuadé qu’il ne doit sa survie qu’à la réussite, matérialisée selon les normes sociales en vigueur. Ce besoin de briller favorise les compromis et les faux semblants et il ne sait bientôt plus reconnaître ce qui en lui est vrai. Il pense, ressent, agit “utile” et efficace. Devenir libre lui est possible s’il reconnaît la vertu constructive des erreurs commises, mais aussi s’il lâche l’obsession de l’image qu’il donne, pour faire grandir celui qu’il est. Mises au service de buts nobles, les qualités spécifiques de ce type serviront non seulement la communauté, mais aussi la réalisation de son but le plus élevé : devenir vrai.

L’Ennéatype 4

Enfermé dans son sentiment permanent de solitude et d’insatisfaction chronique, il croit être unique et différent, alors qu’il n’est que le jouet de ses fantasmes irréalistes. Se sentant incompris, il crée luimême, inconsciemment, des situations d’exclusion à cause de ses attitudes agressives et/ou obsessionnelles. Vivant dans des illusions de grandeur et de gloire, il souffre de jalousie et d’envie, comme un feu qui le ronge. Libéré, il ne garde de son hypersensibilité qu’une créativité toute neuve, élaborée à partir d’une intuition fine et d’un lien subtil avec ce qui l’entoure. Il est capable d’une compréhension et d’un lien profond et peut transformer en une oeuvre sublime le plus grand des chaos.

L’Ennéatype 5

Convaincu de savoir et d’avoir compris mieux que les autres, il regarde le monde du haut de sa belle indifférence et de son égocentrisme raffiné. Se croyant capable d’autosuffisance, son orgueil le pousse à rechercher la solitude et à observer minutieusement le bas peuple pour en extraire un savoir soigneusement classé pour un hypothétique besoin ultérieur. Le savoir, les objets, les émotions, les informations, les sensations sont gardés secrets, de peur d’être “exploité” par les autres. Libéré, il saura partager des connaissances souvent approfondies d’expert au service des autres. Son esprit de synthèse, sa capacité de réserve, sa discrétion ne seront plus des obstacles mais des atouts pour créer des liens profondément humains et authentiques, sans crainte, car il aura compris que donner, c’est recevoir.

L’Ennéatype 6

Esclave de ses peurs, il vit dans l’enfer du doute et de la suspicion. Le manque de confiance en lui et en les autres le fait alterner entre les élans spontanés de l’enfant plein de désirs et le repli stratégique élaboré minutieusement à l’aide de fantasmes de persécution ou complètement compulsif dès qu’une proposition extérieure est faite. Réactif de manière irréfléchie, il a du mal à se décider et à s’engager. Il souffre les tourments d’un mental ravageur et contradictoire. Libre, il met son besoin et son sens de la loyauté au service du groupe, favorisé par son instinct naturellement grégaire. Il apprend à se faire confiance et à ne plus attendre des autres la perfection rassurante qui le garantirait de tout risque. Son dévouement peut devenir exceptionnel et le courage caractérise son comportement quotidien. Il sait qu’un homme seul ne peut rien et l’accepte profondément.

L’Ennéatype 7

Obsédé par l’idée du plaisir avant tout, il se vante d’être libre alors qu’il n’est qu’un jouisseur avide, intéressé prioritairement par lui-même. Capable de se servir des autres comme des objets à consommer, il n’a pas la moindre conscience de la façon dont il les abuse. Il peut se vautrer dans votre univers en étant persuadé de vous offrir l’honneur de sa présence, comme un coucou dans le nid d’un autre, sans inquiétude pour l’endroit où vous irez dormir ! Le narcissisme est l’enfermement de ce type. Il faudra longtemps pour que la vie lui apprenne que la terre est peuplée d’êtres qui ont aussi des besoins. Il ne pourra alors pas faire l’économie de la souffrance. Libre, il est gai d’une joie qui partage, joyeux d’un rire qui ne se moque plus, il donne un plaisir qui ne prend plus, il sait voir dans le monde et les autres, ce qui est beau, ce qui est possible, avec un optimisme qui tient compte de la réalité et des contraintes de la vie.

L’Ennéatype 8

Caparaçonné dans le blindage de sa solitude affichée et conquise, il se croit invincible et indépendant de tout besoin de tendresse et d’aide. Une forme de mégalomanie le pousse à croire qu’il peut régner sur un territoire qui comprend les personnes, les objets, les biens qu’il considère lui appartenir et qu’il protège sans plus de douceur qu’il ne s’en donne à lui-même. Libre, il ne confond plus fragilité et faiblesse et sait entrer en contact avec ses émotions, les montrer et les vivre, tout en étant conscient des besoins des autres. Il sait mettre sa force souvent exceptionnelle au service de causes pour lesquelles il s’engage totalement et sans calcul.

L’Ennéatype 9

Endormi en lui-même, anesthésié par la façon dont il se remplit sans discernement de tout ce qu’il trouve, il est enfermé dans une nuit intérieure qui le coupe du monde, des autres et de lui-même. Il traverse la vie comme un automate, préférant suivre passivement les mouvements de la vie des autres, comme un coquillage accroché au rocher et qui s’en nourrit tant que c’est possible. Son esclavage est la routine et le confort, preuve d’une paresse de vivre et d’oser vivre sa propre vie. Libre, il garde sa capacité à aimer et à accepter de façon inconditionnelle, non parce qu’il est endormi, mais parce qu’il ressent de façon intense le lien qui l’unit à ceux qui l’entourent et à des forces qui le dépassent. Il est alors véritablement relié au tout et se sent vivant et créatif.Voilà en quelques mots à quoi ressemblent les enfermements des 9 types.Aurez-vous envie de partir à l’aventure extraordinaire qui consiste à se découvrir soi-même ?